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Le journal L'Alsace trappe la publication d'une interview qui évoque l'intérêt des banques pour les quotidiens régionaux

Dans une interview à L'Alsace, le sociologue des médias Jean-Marie Charon expliquait que les banques voyaient dans les quotidiens un "investissement indirect". Selon la CFDT, la direction de L'Alsace n'a pas autorisé cette publication pour ne pas déplaire à son actionnaire le Crédit mutuel.

  • Par Claire Peyrot
  • Publié le 29/11/2013 | 18:28, mis à jour le 29/11/2013 | 18:37
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Dans un communiqué, le syndicat s'indigne : "On peut dévoiler le cancer d’une ministre, faire grincer les dents des dentistes, débattre de la prostitution, le plus vieux débat du monde, mais on n’a pas le droit de parler dans nos colonnes des difficultés et des mutations  en cours dans la presse régionale, notamment en Alsace !"
 
La page du journal L'Alsace qui n'a pas été publiée


"Cela pourrait déplaire à l'actionnaire"
Parce que la presse régionale est en pleine mutation, le document précise : "nous avons voulu publier une interview réalisée avec un sociologue indépendant, Jean-Marie Charon, un expert des médias qui fait autorité en France et qui était de passage à Mulhouse pour un débat public sur « la pluralité de la presse ». La parution de cette interview n’a pas été autorisée par la direction de notre journal. « Cela pourrait déplaire à l’actionnaire », nous a-t-on expliqué. En fait, ce sujet est tabou…"
En effet, l'actionnaire du journal L'Alsace est le Crédit mutuel, depuis 1997.
La rédaction voulait expliquer aux lecteurs les difficultés auxquelles leur journal doit faire face "... le rapprochement entre L’Alsace et les DNA est déjà bien visible, notamment par le contenu commun des pages d’informations générales réalisées par le bureau parisien de l’association de journaux contrôlée par le Crédit Mutuel. Par ailleurs, nos commerciaux démarchent, depuis des mois,  les annonceurs avec les logos des deux journaux alsaciens sur leur carte de visite. Alors pourquoi se voiler la face, les lecteurs des deux journaux alsaciens ont le droit de savoir."
 

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